Intermezzo

La girafe m’a si longtemps accompagnée.
Enlacée là-haut, à son long cou à la peau si douce, j’étais bercée de droite et de gauche, avec la vue sur le lointain. Mais surtout de là-haut, j’avais un regard insurpassable vers le bas, sur ce monde qui m’entourait.
La ligne verticale a aussi incité mon regard vers l’aérien, des oiseaux sont lancés.

Le changement vient toujours.
Une phrase du philosophe persan Avicenne m’avait retenue ! Quand on lui avait reproché ses débauches, lui avait répondu : « Ce n’est pas la longueur de la vie qui m’intéresse, mais sa largeur ».

Je me suis retrouvée dans mon élément, celui qui avait accompagné ma vie au Danemark, l’eau de la mer.
Il y a deux ans, une pieuvre a pris forme dans mon atelier.
Elle sait étreindre large.

Gracieuse, elle est sensuelle et souple.
Elle ose,
elle est rusée.
Elle exprime ses émotions en changeant de couleur, elle s’esquive avec grande rapidité, mais sait aussi se poser en douceur. Elle est puissante et tendre.

Cet animal si imaginatif m’intrigue et elle a pour l’instant accaparé mon attention.

Charlotte Poulsen